Pourquoi l'arabe s'écrit de droite à gauche ?
Par Mounir Ezzaraoui

Quand on commence à apprendre l'arabe, la première surprise est le sens d'écriture : de droite à gauche. Beaucoup pensent que c'est une convention culturelle ou religieuse. En réalité, l'explication est bien plus ancienne et pragmatique.
L'arabe descend d'une longue lignée d'écritures sémitiques. L'ancêtre le plus lointain identifiable est le proto-sinaïtique (vers 1800 avant J.-C.), qui a donné le phénicien, puis l'araméen, puis le nabatéen, et enfin l'arabe. Toutes ces écritures se lisent de droite à gauche.
L'hypothèse la plus solide des historiens est liée à la gravure sur pierre. La majorité des graveurs étant droitiers, ils tenaient le burin de la main gauche et frappaient avec un marteau de la main droite. En gravant de droite à gauche, la main gauche (tenant le burin) avançait vers la gauche sans masquer le travail déjà fait. Si tu graves de gauche à droite en étant droitier, ta main cache ce que tu viens de graver.
Il est fascinant de constater que lorsque les Grecs ont emprunté l'alphabet phénicien, ils ont d'abord écrit de droite à gauche, puis en « boustrophédon » (alternant les lignes comme un bœuf laboure un champ), avant de fixer le sens gauche-droite. L'arabe, lui, a conservé le sens originel.
Autre détail passionnant : les chiffres en arabe (١٢٣) se lisent... de gauche à droite ! Le nombre ١٢٣ se lit « cent vingt-trois », en commençant par les centaines à gauche. C'est un vestige de l'influence indienne sur les mathématiques arabes.
Pour l'apprenant, le sens d'écriture devient naturel en quelques semaines de pratique. Chez Mon Prof d'Arabe, les exercices d'écriture dès le module 1 te font intégrer ce réflexe sans effort.


